Rano Raraku

Pierre sèche

Définition

La technique de la pierre sèche est un assemblage de pierres brutes peu ou non taillées, sans utilisation de liant ou de mortier (ciment, terre, chaux). Elle se qualifie par un jeu d’empilement habile et un calage de différentes pierres entre elles, selon leurs poids, leurs formes et leurs volumes.

Histoire

En Europe, plusieurs bâtis datent de 4000 ans avant J.C. (Tumulus de Bougon en Charente). A travers le monde, on retrouve plusieurs méthodes et modèle de bâti en pierre sèche liés à des époques différentes d’habitations humaines en milieu rural (cabane…en vieux provençal signifie « bâti en pierre sèche »). Fuyant les invasions, les populations obligées de se réfugier dans des zones géographiques montagneuses eurent la nécessité de créer de nouveaux espaces de culture sur des terrains accidentés ou ayant de fortes déclivités : les terrasses. Progressivement la technique se déclina en murs à double parement pour délimiter des parcelles de prairie et des voies de circulation (calades). Aujourd’hui encore, 20% du réseau routier national s’appuie sur des soutènements en pierre sèche datant des derniers siècles.

Technique

Chocs et vibrations

Le soutènement en pierre sèche est un mur monolithe d’une certaine souplesse dans sa structure, qui peut absorber de légers mouvements telluriques. Comparativement à un chemin de terre nu ou enherbé, les sols recouverts en calades de pierres sèches, montrent une résistance supérieure aux phénomènes d’érosion et de déformation.

Hydraulique

Le mur en pierre sèche a la particularité d’être drainant. En effet, l’absence de mortier entre les pierres permet à l’eau de s’écouler. Ainsi le mur de soutènement retient la terre tout en permettant aux eaux de ruissèlement de s’écouler. Ainsi, le flot est freiné, évitant coulées de boues et crues brutales. De fait, les terrasses successives d’un même versant constituent une prévention aux risques d’inondations

 

Ecologique

Nécessitant peu d’énergie grise pour la production de la matière première et son transport (on recherche la pierre locale issue de pierrier ou de démolition), la construction en pierre sèche répond aux préoccupations des Qualités Environnementales et développement durable. D’autre part, les différentes cavités et niches existantes deviennent des refuges pour une biodiversité que l’on rencontre habituellement dans les zones de bocages.

Professionnel

Le métier de murailler est depuis 2011, inscrit au répertoire de l’Institut National des Métiers d’Arts comme un métier « d’art rare ». Accessible à tous, pratique dans son apprentissage et sa mise en œuvre, la technique de la pierre sèche est un savoir-faire résolument manuel. Ce savoir-faire se transmet sous forme de compagnonnage et nécessite une réelle maîtrise. Non industrialisable, cette activité est créatrice d’emplois locaux.

Patrimoine et tourisme

Les constructions en pierre sèche modèlent le paysage et les chemins. Ce patrimoine vernaculaire constitue une richesse culturelle, territoriale et historique pour la mémoire collective.

Miscellanées de pierre sèche